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Joaillerie : l’extraordinaire boom de la filière française

Joaillerie : l’extraordinaire boom de la filière française

Fortes d’un dynamisme exceptionnel, les maisons de joaillerie françaises s’organisent pour favoriser l’attractivité de leurs métiers.

Les chiffres publiés par Francéclat (structure étatique française) montrent la dynamique du secteur. Les ventes de bijoux en France ont augmenté de 20 % en 2022 et continuent en 2023. Tous les canaux de distribution sont inclus, à l’exception des sociétés de commerce électronique pur et des magasins discount. Cette croissance se précise non seulement dans les bijoux, mais aussi concernant les produits en or et en argent. Ce mouvement se produit également dans le haut de gamme du marché.

Les chiffres révèlent l’ampleur de la demand : + 31 % soit 4,6 milliards d’euros en 2022. La part des métaux précieux est de 4 milliards d’euros avec la hausse du travail à façon. Et 2023 a également enregistré de bons résultats, 19 % de plus au cours des neuf premiers mois de l’année. « C’est incroyable de penser que les emplois ont doublé entre 2018 et 2022 », a déclaré Hervé Buffet, directeur général de Francéclat. Ce comité de développement économique reçoit le financement de 13 000 entreprises françaises des secteurs de l’horlogerie, de la bijouterie et des arts de la table.

Pour illustrer notre propos, environ 130 créateurs et fabricants ont participé à l’exposition « Secrets de Bijoux » en novembre 2023 à Lyon. Du jamais vu. De nombreuses nouvelles marques nouvelles côtoient celles historiques. Caroline Denis, fondatrice de la marque Jolly Bijou, faisait partie des 130 créateurs présents au défilé Secrets de Bijou.

La Bourse de Lyon est un joyau architectural du patrimoine de la ville de Lyon. Construite sur trois niveaux et classé Monument Historique en 1994, elle a été bâtie selon un plan rectangulaire, en plein cœur de la Presqu’île. Imaginé par l’architecte René Dardel sous le modèle typique des constructions de la fin du XIXe siècle, au style classique, qui s’inspire de l’Hôtel de Ville et du Palais des Beaux-Arts à Lyon.

La salle de la Corbeille, où s’est déroulée l’exposition « Secrets de Bijoux », est un immense espace qui offre près de 25m de hauteur sous plafond. Dans une pure décoration du style classique du Second Empire, ses deux étages d’arcades ont d’imposantes verrières lui permettent de recevoir une luminosité spectaculaire.

En exemple, Caroline Denis, qui a fondé la marque Jolly Bijou à New York en 2015, a inspiré les femmes avec ses créations de grandes qualités et son style d’une belle originalité.

La créatrice qui s’est formée au Gemological Institute of America a passé 15 ans chez Saint Laurent et Chloé, elle connaît la beauté de Paris. La collection donne vie à une ensemble de bijoux associée à un riche sens de la couleur, confirmant le style contemporain du style Art Déco.

« Le style parisien de mes bijoux a trouvé un grand intérêt auprès des  américain », précise la créatrice. « Mais plus que tout, c’est la qualité haut de gamme qui a fait la différence. Les pièces réalisées dans les meilleurs ateliers ont une qualité étonnante même pour les novices non-initiés à la Joaillerie. » Cette exposition qui s’est dévoilée au Réfectoire des Cordeliers à Paris a présenté une sélection de 250 bijoux qui ont tous pour point commun, au-delà de la diversité des styles et de l’étendue des savoir-faire proposés, d’avoir été réalisés par des marques françaises.

Autres exemples: Les pièces sculpturales, ordonnées autour de lignes lumineuses en or rose par Marie Mas ou ciselées à partir d’or éthique recyclé en forme d’octogone par Jem, côtoient les créations organiques de Maison Aurélie Bidermann ou de Daymard qui sollicitent la palette vive des pierres ornementales ou stratifiées pour façonner respectivement des scarabées talismans en opale rose ou des colliers Maharani en agate blanche et en cristal de roche.

Principaux défis du secteur de la joaillerie : sa capacité de production

Le dynamisme de ce secteur nécessite l’expansion des emplois existants et l’implantation de nouvelles installations manufacturières. Début novembre, Boucheron a annoncé le rachat de quatre sociétés: Blondeau, Belter, Chanson et FG Développement

L’atelier

C’est toute la difficulté des dix prochaines années. La croissance de ce secteur nécessite davantage de capacité de production. « Il y a quelques années, nous avons constaté un manque d’intérêt et de connaissances dans le secteur de l’artisanat. Et ça a été difficile pour nous de trouver des talents », explique Nicolas Bos, président de Van Cleef et Arpels.  Aussi, chaque année, début décembre, il fait la promotion de ce secteur à Lyon dans le cadre d’un événement qui met en valeur toute la filière.

LVMH a ainsi fait l’acquisition en avril dernier de l’entreprise Platinum Invest qui comprend cinq ateliers implantés dans le Grand Est de la France et emploie 800 collaborateurs : la maison Tiffany & Co sera la principale bénéficiaire de ce rachat. Boucheron, début novembre, a annoncé le rachat du groupe fondé par Cédric Gangemi, joaillier de formation. Le groupe de cet entrepreneur français est composé de quatre sociétés, Blondeau, Belter, Chanson et FG développement, regroupés depuis 2017 à la même adresse.

LVMH organise également chaque année un forum orientation à Paris qui renseigne des centaines d’étudiants sur tous les métiers en tension de ce groupe leader sur le plan international.

Van Cleef & Arpels va créer 600 nouveaux emplois directs en 2024

Van Cleef et Arpels ouvrira deux nouveaux ateliers et une pépinière de formation en région Auvergne Rhône-Alpes grâce à son Ecole des Arts Joailliers pour accompagner la croissance et stimuler l’économie locale. 600 emplois directs seront créés.

La maison française Van Cleef et Arpels ouvre deux nouveaux ateliers en région Auvergne-Rhône-Alpes. Le premier sera situé près de Thiers, un bassin emblématique de l’art de la coutellerie et plus largement de l’artisanat du métal et du polissage. La deuxième usine ouvrira dans la zone d’activités « Porte du Vercors » à Châteauneuf-sur-Isère, à l’extérieur de Romans-sur-Isère.

Deux bâtiments d’environ 5 000 mètres carrés et 1 000 mètres carrés  abriteront des artistes, des activités de soutien et une pépinière de formation sur un terrain de 2,5 hectares. Cette dernière participera à un partenariat entre la Maison et le lycée Amblard de Valence.

Hervé Buffet résume : « Tous les métiers sont en tension dans cette filière », résume Hervé Buffet. Et d’ajouter : « Les perspectives d’emplois sont significatives dans le secteur, on parle de recrutement de milliers de personnes pour les prochaines années. »

Gérard Flamme

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