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150 nouvelles salles de cinéma en devenir au Maroc

150 nouvelles salles de cinéma en devenir au Maroc

L’annonce est exceptionnelle et d’importance. Là où chacun s’accorde sur le fait que les salles de cinéma perdent chaque année une place au profit des plateformes et des tablettes et smarphones, le ministre de la Culture marocain promet la création de 150 salles supplémentaires.

Une décision (ou peut-être une annonce) qui fait révolution. Jusqu’à maintenant chacun s’accordait à reconnaitre la dimunition des salles de cinéma dans l’ensemble des pays. Sauf peut-être aux USA, en France, en Inde…. Le pays charifain a perdu l’essentiel de ses salles cinéma depuis 50 ans. En 1980 il en existait plus de 300. Aujourd’hui à peine 40 (ou 50 en comptant les salles non attribuées exclusivement au cinéma).

De nombreuses salles ont été détruites, d’autres tout aussi emblématiques et historiques sont abandonnées. De colloques en conventions, de nombreuses associations s’alarment de cette situation depuis plus de 20 ans. En vain.

Des faits dans d’autres pays

Rappelon qu’en Europe, avec 5 241 salles actives et 1 072 000 fauteuils, la France possède l’un des parcs de salles les plus importants d’Europe. Seuls des pays comme l’Allemagne, en termes de nombre d’écrans et l’Espagne, par le nombre de fauteuils, possèdent un équipement comparable. Ceci est le résultat d’une politique culturelle ambitieuse développée depuis plus de cinquante années.

Au Maroc, , Le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication Mehdi Bensaïd a annoncé l’ouverture de 50 nouvelles salles de cinéma, dans différentes villes marocaines. Un événement qui ne peut qu’accomapgner le paysage cinématographique national riche d’une vingtaine de festivals cinématographiques (certains restant confidentiels) dont les plus emblématiques et internationaux sont le Festival national du Film de Tanger et le Festival international du Film de Marrakech.

«Notre projet d’ouvrir 150 salles de cinéma au Maroc est en plein déploiement. Ces salles vont devoir réconcilier les Marocains avec le 7ème art, dans les grandes villes comme les petites. Le 15 novembre 2023 nous ouvrirons les cinquante premières salles dans le cadre d’un partenariat avec le secteur privé», a fait savoir le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, avant de poursuivre qu’«il était honteux qu’une ville comme Ouarzazate, qui accueille le cinéma mondial, ne dispose pas de salles de cinéma».


Selon le ministre, le projet d’ouverture des 50 salles devrait créer près de 500 emplois directs, auxquels s’ajoutent 1.000 emplois indirects, pour un chiffre d’affaires annuel valant 300 millions de dirhams.

«Ces chiffres sont appelés à croître, car le ministère parie sur la création d’une dynamique qui réconciliera nos citoyens avec la fréquentation des salles de cinéma grâce à des tarifs abordables et une offre variée de films marocains», a conclu le ministre.

Le livre blanc sur le cinéma

Déjà il y a plus d’une dizaine d’années sinon plus «un livre blanc sur le secteur du cinéma au Maroc» initié par le ministère de la Culture et de la Communication était sorti s’alarmant de la réalité de ce secteur tant dans la distrbution des films internationaux que de la production et/ou co-production internationales et de l’écosystème du secteur audio-visuel. Beaucoup d’incertitudes donc qui malheureusement n’ont guère évolués. De colloques en forums chacun s’allarmait de la marginalisation de ce secteur culturel. Mais qui en même temps correspondait à tout le secteur culturel au Maroc totalement sinistré.


A celà s’ajoute le rôle très polic (i) é du CCM (le centre cinématographique marocain) qui joue le rôle de « gendarme » et de superviseur des productions et des diffusions. A ce sujet rappelons que cette institution nationale n’a pas hésité à censurer différents films durant les dernières années, ne comprenant pas certainement que toute la production culturelle se trouve aujourd’hui sur le net et est donc accessible à chacun. Là encore le ministère de la Culture et celui de l’Intérieur chassent durablement « les infidèles » en censurant certaines oeuvres (livres, arts plastiques, films, débats culturels, etc). Notons enfin que des investissements ont été tout de même réalisés comme par exemple dans la réalisation de musées nationaux qui grâce au Président de la Fondation des musées « ose » intervenir dans le domaine de l’art contemporain. Une bonne chose sûrement même si d’autre part ceraines institutions telles le nouveau théatre de Casablanca ou l’église Sacré Coeur qui vient d’être réouverte au public après des années de « rénovation » n’ont toujours pas de programmations culturelles annuelles.

Bref, l’avenir dira si tout cela est désormais une situation du passé et si la culture dans son ensemble devient un vrai vecteur de développement économique.

Gérard Flamme

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