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Le défilé Margiela bouleverse la Fashion Week de Paris

Le défilé Margiela bouleverse la Fashion Week de Paris

Présentée sous le pont Alexandre III à Paris, la collection haute couture de John Galliano pour Maison Margiela a bouleversé ses spectateurs.

Le défilé de mode de la « Maison Margiela » à Paris le jeudi 25 janvier 2024 a été un événement inoubliable qui a rappelé les grandes heures de la haute couture. Sous le pont Alexandre III, sur les quais de la rive gauche de Paris, les invités ont été témoins d’un spectacle spectaculaire dans un décor cinématographique conçu avec La Mode en Images. La première pleine lune de l’année éclairait la scène tandis qu’une fine bruine tombait sur la ville de Paris, ajoutant une atmosphère mystique à l’événement.

Des personnalités telles que Kim Kardashian, Kylie Jenner, Nadia Lee Cohen et Yves Tumor étaient présentes parmi les invités, ajoutant une touche de glamour et de renommée à l’événement. Le défilé, présenté par le vétéran de la mode John Galliano, a été le point culminant d’une Fashion Week haute couture printemps-été 2024 en demi-teinte, clôturant celle-ci de manière grandiose.

Avant le défilé, John Galliano a invité Lucky Love à interpréter sa dernière chanson, « Now, I don’t need your love », accompagné d’un gospel. Cette performance émouvante a créé une atmosphère propice au spectacle à venir, ajoutant une dimension artistique et émotionnelle. En repensant ses défilés de mode pendant la pandémie de Covid-19, John Galliano a expérimenté de nouvelles techniques de diffusion, repoussant les limites de la mode en fusionnant la performance théâtrale, physique et numérique avec une approche innovante.

Le défilé Maison Margiela Artisanal 2022 a été un exemple flagrant de cette évolution, avec un récit inspiré du genre littéraire Southern Gothic, conçu comme une pièce de théâtre capturée par des caméras intégrées à la performance. Ces caméras ont enregistré et diffusé simultanément la vidéo pour un public numérique, créant ainsi une expérience immersive et captivante.

En somme, le défilé Maison Margiela Artisanal à Paris a été bien plus qu’un simple événement de mode. C’était une fusion d’art, de performance et d’innovation, marquant une nouvelle ère dans l’expression créative de la haute couture.

Le défilé Artisanal 2024 de John Galliano a une fois de plus captivé l’audience en mêlant habilement le numérique et le live show, utilisant la vidéo comme un prélude cinématographique. En évoquant le Paris du photographe Brassaï, sublimé par une réalisation en noir et blanc hitchcockienne et des bruitages exagérés, le court-métrage projeté sur des écrans dans la salle nous a transporté dans une promenade au cœur des entrailles de Paris.

Récit: Au clair de lune et le long de la Seine, on y croise plusieurs créatures nocturnes, telles que le mannequin Leon Dame, qui, après avoir descendu les marches du pont Alexandre III, apparaît sur le quai. Vêtu d’un corset et d’un pantalon noir, la muse de John Galliano inaugure le spectacle, déambulant lascivement parmi les invités.

La galerie de personnages qui lui succèdent adopte la même démarche fantaisiste, œuvre du « movement director Pat Boguslawski », exaltant une collection magistrale où les dandys et poupées de John Galliano rencontrent la vision radicale de Margiela. Au bout de vingt minutes, le défilé s’achève sur une apparition théâtrale de l’actrice britannique Gwendoline Christie, dont les talents de mannequin s’étaient déjà illustrés chez Thom Browne. Un final mémorable pour un défilé magistral, qui vaut à la maison une standing ovation de dix minutes.

Ce vendredi 26 janvier 2024, le défilé Maison Margiela était au cœur de toutes les conversations des professionnels de l’industrie, faisait le buzz sur les réseaux sociaux et s’attirait les éloges de la presse. Et pour une fois, la présence du clan Kardashian-Jenner n’était pas la seule raison de ce retentissement médiatique.

« Chez Maison Margiela, Galliano livre l’un des plus beaux spectacles de la décennie », osait annoncer le quotidien français Le Figaro, tandis que Vogue Runway, la plateforme dédiée aux défilés de mode, titrait sa critique « John Galliano clôture une semaine de couture discrète avec un superbe coup de théâtre chez Maison Margiela » (John Galliano Caps Off a Subdued Couture Week With a Stupendous Coup de Théâtre at Maison Margiela).

Un consensus que seule une mise en scène sensationnelle ne peut justifier. Si le personnage extravagant des débuts a laissé place à une personnalité discrète, quarante ans après ses débuts, John Galliano, fils de plombier né à Gibraltar en 1960, demeure l’un des plus grands couturiers de sa génération, voire de l’histoire de la mode.

Un bref coup d’œil sur son défilé de fin d’études pour la Central Saint Martins School, intitulé Les Incroyables et inspiré de la France révolutionnaire, ou ses sensationnelles collections pour la maison Dior (1996-2011), serviront de piqures de rappel.

Pour en revenir à la collection Maison Margiela Artisanal 2024, il est expliqué qu’il aura fallu douze mois pour créer les pièces, dont certaines sont issues de nouvelles techniques développées par John Galliano et ses équipes des ateliers de haute couture. Évoquant l’art de s’habiller, mais aussi de se déshabiller, la collection joue de la transparence, de l’architecture du corps, de prothèses et des trompes-l’œil.

On pourra citer le « seamlace » qui désigne des vêtements en incrustation de dentelle ou d’autres matériaux découpés ensemble; le milletrage – une combinaison de mirage, mille-feuille et filtrage – pour des vêtements légers comme une plume se faisant passer pour des manteaux, des vestes ou des pantalons résistants; ou encore l’aquarelle, sur des robes évoquant les peintures de Kees Van Dongen, un nouveau terme utilisé pour le drapé du tulle ou de la mousseline, de la même manière qu’un peintre travaille l’aquarelle.

Pour atteindre un tel degré de virtuosité, John Galliano s’est également entouré des meilleurs artisans français et britanniques. Parmi eux, le chapelier Stephen Jones – qui collabore avec lui depuis son arrivée chez Dior, pour les loups moulés; le sculpteur de cuir Robert Mercier pour des plastrons imitant à la perfection l’anatomie humaine; et le célèbre créateur de chaussures Christian Louboutin, dont les pièces ont ajouté une touche finale d’élégance à la collection.

En conclusion, le défilé 2024 de John Galliano pour Maison Margiela a une fois de plus prouvé sa maîtrise de l’art de la mode, mêlant habilement l’innovation technologique, la mise en scène spectaculaire et la virtuosité artisanale pour créer une expérience inoubliable. Avec cette collection, John Galliano continue de marquer l’histoire de la mode et de consolider sa réputation en tant que l’un des plus grands couturiers de notre époque.

Le défilé de mode Maison Margiela Artisanal par John Galliano a été un événement remarquable et mémorable, mettant en lumière des silhouettes d’une rare complexité. Les chaussures, en particulier, ont joué un rôle crucial dans la touche finale de ces créations. Les iconiques Tabi, conçues par le chausseur français Christian Louboutin en 1989, ont captivé l’attention avec leurs semelles d’un rouge vif, évoquant l’inspiration baroque des vêtements et se parant de plateformes et talonnettes rappelant les sabots ou les faux-cul des robes du XIXe siècle.

La collaboration entre Christian Louboutin et John Galliano a été imprégnée d’une relation de respect et d’affection, forgée au cours des 40 dernières années depuis la rencontre des deux hommes à Paris. Louboutin a souligné que travailler avec quelqu’un qu’il aime et respecte a été la partie la plus agréable de cette collaboration, soulignant également l’importance des codes précis et forts de la Maison Margiela qui ont été soigneusement préservés.

Une autre collaboration artistique remarquable lors de ce défilé a été celle avec la maquilleuse Pat McGrath, dont le travail a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux. Pour accompagner la vision du couturier, McGrath a imaginé un maquillage de poupée rétrofuturiste, mettant en valeur une peau de porcelaine « glass skin », des joues roses, des sourcils en arcs fins évoquant les années 30, des yeux peints de couleurs intenses, et des bouches subversives en rouge sang ou noir.

L’effervescence suscitée par ce défilé spectaculaire s’est prolongée bien après l’événement, confirmant qu’il s’agit là d’un des plus beaux shows de la décennie. Il est à espérer que ce succès sera suivi par de nombreux autres coups d’éclat, témoignant de l’innovation et de la créativité qui animent l’univers de la mode.

John Galliano

John Galliano, né le 28 novembre 1960 à Gibraltar, est un styliste britannique renommé, reconnu pour ses créations de haute couture. Sa carrière a été marquée par des provocations et des scandales, mais aussi par son talent exceptionnel dans le domaine de la mode. Pendant plus d’une décennie, il a occupé le poste de directeur artistique chez Dior, laissant une empreinte indélébile sur l’industrie de la mode à travers ses défilés, ce qui lui a valu le surnom de « surdoué de la mode ». En 2011, sa carrière a subi un coup dur en raison de propos racistes et antisémites proférés sous l’emprise de l’alcool. Après une période de retrait et une thérapie, il a fait un retour remarqué dans le monde de la mode à partir de 2013, en collaborant avec le célèbre couturier Oscar de la Renta. En octobre 2014, il a été nommé directeur artistique de Maison Margiela, marquant ainsi un nouveau chapitre dans sa carrière. Son parcours tumultueux témoigne à la fois de son talent exceptionnel et de sa capacité à surmonter les obstacles pour revenir au premier plan de l’industrie de la mode.

Gérard Flamme

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